Lundi vert, l'appel de 500 personnalités pour une journée sans viande ni poisson

Cap ou pas cap ? Ne pas manger de viande ni de poisson pendant toute une journée, chaque semaine.

Ce mardi dans le Monde, 500 personnalités ont signé une tribune s’engageant à remplacer la viande et le poisson chaque lundi. Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Juliette Binoche, Stéphane Bern, Lolita Lempicka ou même Cécile de France, tous se sont mis d’accord. « Il existe aujourd’hui des raisons impératives de diminuer collectivement notre consommation de chair animale en France. Nous pensons que chaque personne peut faire un pas significatif dans ce sens pour l’un ou l’autre des motifs suivants : la sauvegarde de la planète, la santé des personnes, le respect de la vie animale. Nous nous engageons à titre personnel à remplacer la viande et le poisson chaque lundi (ou à aller plus loin dans ce sens). Voici les arguments qui nous semblent décisifs. »

En effet, la production de viande est l’activité humaine ayant les conséquences les plus désastreuses pour l’environnement. Selon l’ONU, l’élevage représente à lui seul 14,5% des émissions totales des gaz à effet de serre dans le monde. La tribune, quant à elle, prend l’exemple de la forêt d’Amérique du Sud, dans laquelle 85% des surfaces déboisées ont été dédiées à l’élevage. Et pour ceux qui penseraient épargner des végétaux en dévorant une côte de bœuf, détrompez-vous : « Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, produire une seule calorie de viande nécessite 4 à 11 calories végétales. S’alimenter avec des végétaux plutôt qu’alimenter des animaux avec des végétaux pour ensuite les consommer permettrait de dégager de 2 à 20 fois plus de protéines par hectare cultivé. » Enfin, on rajoutera pour l’aspect environnemental que l’élevage consomme une quantité très importante d’eau potable, et donc que « l’empreinte eau du bœuf par calorie est environ vingt fois supérieure à celle des céréales ou des féculents. »

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Si l’accent écologique est le premier mis en avant, l’argument sanitaire n’en est pas moins délaissé. « L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi que la viande rouge transformée était en effet une cause certaine de cancer, tandis que la viande rouge non transformée en était une cause probable. Aujourd’hui, les Français consommant près de 100 g de viande chaque jour augmentent de 30% leur probabilité de développer un cancer en comparaison à ceux qui se limitent à 40 g en moyenne. »

Pour terminer, comment combattre les industries de la viande et du poisson sans parler de la catastrophe qu’elles représentent pour les animaux ? Si les arguments de la planète et de la santé sont importants, c’est bien pour les animaux que les dégâts sont les plus graves. Car, toujours selon la tribune du Monde, chaque année ce sont 74 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards de poissons et animaux marins qui sont tués pour la consommation humaine. Torture, égorgements, saignements, conditions de transport brutales, mutilations systématiques sans aucune anesthésie, abattage alors que l’animal est encore conscient… Dans le cas des animaux terrestres comme les vaches, les poules et les cochons, on parle ici de véritables scènes d’horreur et de tortures qui se déroulent dans les abattoirs, où les animaux terrifiés sont confinés sans eau ni nourriture en attendant leur sort. Il suffit de jeter un œil aux vidéos de l'association de protection animale L214, lorqu'elle pose des caméras dans les abattoirs et élevages aux quatre coins de la France. La tribune signale qu’en France, « 99% des lapins, 95% des cochons, 90% des veaux et 82% des poulets de chair sont élevés de manière intensive, c’est-à-dire qu’ils sont confinés dans des cages ou des bâtiments fermés afin de les engraisser et les maintenir en vie jusqu’à leur abattage précoce. L’image commerciale d’animaux heureux en élevage (bio ou non) est presque toujours fausse. Pour éviter les blessures dues à l’entassement des animaux ou pour le goût de la viande, l’élevage procède à des mutilations systématiques sans anesthésie (becs, cornes, pattes, dents, queues, testicules). »

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Et les poissons, dans tout ça ? « Le sort des poissons n’est pas plus enviable que celui des animaux terrestres. Par exemple, dans le cas de la pêche au chalut, d’immenses filets en forme d’entonnoir capturent tous les animaux qui s’y amassent, mêlés à divers débris. Déversés sur de la glace, ils y agonisent asphyxiés, écrasés par les autres poissons ou meurent par éclatement de leurs organes internes à cause de la décompression. » De plus, « une commission d’experts qualifiés a établi qu’il n’y a aucune bonne raison de conclure que les poissons seraient insensibles à la douleur ».

Si opérer une transition vers le végétarisme de manière brusque s’avère difficile pour une majorité de la population, les 500 personnalités signataires de la tribune s’engagent à démarrer par une journée végétarienne chaque semaine. Elles appellent à un lundi vert, pour commencer à changer ses habitudes et se diriger vers un mode de vie plus respectueux de la planète, des animaux et… de nous-mêmes, tout simplement. Pour s’engager auprès de ces personnalités, il suffit de s’inscrire sur le site dédié à la campagne, qui propose ensuite des conseils, un suivi et des alternatives accessibles pour remplacer les produits animaux dans son assiette.

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